Perdu, dans une jalousie maladive qui n'a sans doute pas lieu d'être, dans les méandres de mon esprit, à l'étroit entre la peur et la méfiance, cette partie de moi, qui cette nuit, ressurgit. M'ingurgitant tout entier tel un minable moucheron, aux pattes fragiles, aux ailes fines et seul. Ô comme j'aimerais me vider de ces pensées qui naviguent dans le fleuve de mon esprit, provoquant tempête et vagues dans tout ce qui d'ordinaire est si serein. Au plus profond, triste et en manque, comme si elle était mon unique drogue, mon seul point d'intérêt, ma seule source de pensées. J'oscille entre confiance et jalousie, entre amour et solitude, je ère dans ce qui me reste d'esprit, pour penser. Le point "A" me dit qu'il n'y a rien à craindre, mais le point "B", création de traumatismes du passé, me dit le contraire, et c'est lui qui a le plus de vécu, cruel choix imposé, donner toute cette confiance à l'être aimé pour finalement douter, tout en laissant cette confiance intacte. Seul avec mes pensées, seul dans cette chambre qui est, sans elle, comme sans vie. Dans ces petits couloirs de mon cerveau, les murs se rapprochent, la paranoïa me prend un peu plus chaque seconde. Ça en devient maladif, un coup à se mettre la tête sous le four pour ensuite regretter d'être mort. Cette envie insatiable de savoir ce qu'elle fait, ce besoin insatisfait de pouvoir l'observer, ce manque de sa voix qui ne me dit pas qu'elle m'aime. Savoir qu'elle partage ces moments là avec un autre, l'ancien être aimé, elle ne l'aime plus, je le sais, mais cette méfiance s'installe, défait ses valises, et prend congé sur le canapé de ma paranoïa, sirotant Tequila et Vodka, observant les pensées de mon esprit, dans leurs moindre recoins. A chaque seconde qui passe, je sens mon c½ur se serrer, mon cerveau en adéquation avec ce c½ur, qui ne vibre que pour elle, arrêt total.
Je l'aime, ô oui que je l'aime, je ne supporte pas de la voir avec cet autre, cet autre qui fut autrefois son amour et son amant, ils ne le sont plus aujourd'hui, mais qu'importe, imaginer que j'aurais pu passer cette soirée avec elle, pour moi. Je ne veux pas avoir à la partager avec lui, elle est mon trésor d'amour, que je garde au creux de mon c½ur, que je couvre de câlins et d'amour, pourquoi faut il donc qu'elle soit si loin en cet instant, qui plus est qu'elle soit avec lui. Le brouillard se fait dans ma tête, je roule un autre pétard, je ne supportais pas d'être sobre avec ces pensées en tête, c'est trop dur, affligeant vis à vis de moi même. Je me sens bête, infantile et injustement méfiant, j'ai choisi de lui donner ma confiance, et je me surprend à errer dans le doute, tenant main dans la main mon ami paranoïa. C'est un bien sombre soir, ça oui, me voilà, à 1h34 du matin au moment ou j'écris ces mots, à penser que la femme de ma vie puisse me causer du tord. Je me trouve réellement pitoyable, du dégout pur vis à vis de moi même, j'aimerais partir loin, j'aimerais changer. J'aimerais me trouver, mais je n'y arrive pas, je suis perdu entre enfance, adolescence et age adulte. Je ne sais pas grandir, pourtant je muris, je ne sais pas m'arrêter d'être un adolescent, parce que je ne veux pas avoir plus de soucis que j'en ai déjà en devenant un adulte. Je suis bloqué, comme entre deux murs de bétons, me laissant suffoquer entre eux, mes bras en croix, je ne peux pas décider, parce que j'ai besoin d'elle pour grandir et faire des choix pour mon bien. Je ne sais pas moi, mais je n'ai jamais pu faire des choix pour moi même, comme si je me détestais et que j'étais heureux d'être seul, dans mes soucis, prétextant ces soucis pour rester dans mon monde, asocial et isolé, exprimant tout mon dégout pour l'humanité qui m'entoure et pour moi même.
Parce qu'au fond, je ne vaux pas mieux que ces gens, là dehors, qui errent, sans but, dans les rues de la Région Parisienne. Je ne vaux pas mieux que ces gens cons, mais heureux de vivre, je ne vaux pas mieux que ce vieux con extrémiste, heureux et engagé dans des choix qui sont les siens. Non, je ne pense pas être quelqu'un d'exceptionnel, je suis comme vous, mais en moi. Et c'est sans doute pour ça que je me déteste, quand je contemple, avec ces yeux trop clairs pour voir la lumière trop longtemps, notre monde, je me surprends à souhaiter qu'il pète. C'est ça, qu'on explose tous, qu'on disparaisse, en laissant ainsi derrière nous toute notre médiocrité et notre crédulité humaine. En terminer avec cette société qui chute de jours en jours vers des méandres dont la profondeur se révèle impossible à compter.
Je continue d'errer, seul, dans mes pensées, j'en reviens à elle, comme elle occupe mon esprit, je l'aime d'un amour sincère et franc, je ne souhaite que de la rendre heureuse, je donnerais tout pour elle, jusqu'aux étoiles s'il fallait en décrocher pour les lui offrir, taillées, en bijoux. Parce qu'elle est ma moitié, elle est celle que j'ai toujours voulu, et je n'ai aucun doute en le disant cette fois. Parce que je sais que sans elle, je ne suis plus rien, que j'ai besoin d'elle, qu'elle est ma dose quotidienne d'héroïne, qu'elle est la batterie de mon c½ur. Ce c½ur que je lui offre, et que jamais je ne veux reprendre, quoi qu'il arrive, il est sien, et ça, je ne peux rien y changer. Dans mes délires absurdes, je me suis perdu, j'ai rêvé des doutes, imaginé de la méfiance. Non, je dois me calmer, je lui fait confiance, je l'aime.
Je vais aller prendre le bus qui conduira vers le c½ur, lui au moins, il sait ce qui est vrai.